De tout temps et dans le monde entier les caricaturistes ont tenu un rôle de témoin et d’éveilleur. Ils ont su chacun à leur manière scruter leur actualité, l’analyser, en rendre compte de multiples façons, tisser des liens forts avec la société civile de leur pays, et créer les soupapes nécessaires à toute liberté d’expression.

La caricature est un art majeur qui a su traverser le temps et les frontières ; longtemps retiré du paysage culturel afghan, nous sommes fiers aujourd’hui de pouvoir constater que cet art ressurgit et prend un nouvel essor. La création de la Maison de la Caricature par l’artiste Khaleq Alizada que nous avons reçu le 2 mars dernier en est un très bon exemple.
La qualité des artistes afghans honore cette nouvelle liberté d’expression, et nous saluons le courage de ces artistes qui osent prendre la parole qu’elle soit dans une forme humoristique ou grinçante.

Le parcours de Mohammed Irfani aura connu de nombreux détours avant d’arriver jusqu’à l’Institut français d’Afghanistan ; natif de la province de Ghazni il quitte l’Afghanistan avec sa famille au cours de la révolution pour se réfugier en Iran ou il poursuit ses études de littérature. C’est là qu’il découvre l’univers des caricatures dont celui de Naji al Ali, caricaturiste palestinien.Passionné par cet art nouveau, il se met au travail, affine son trait, choisi ses sujets et définit son style. De retour sur sa terre natale en 2003, il présente ses dessins au journal hebdomadaire Eqtedar-e Melli qui l’engage comme caricaturiste et poursuit sa carrière auprès de différents journaux dont Wahdate Melli, Rah-e Nejat et Entekhab.

06-July-2014-(3) En 2004 il tente de créer le tout premier magazine de caricature intitulé Two weekly-Cartoon auquel il devra très vite renoncer par manque de moyens. En 2009, sa première exposition à « l’Afghanistan culture house » lui redonne courage et c’est en 2013 qu’il reprend pleinement sa carrière de caricaturiste à la “Daily Open Society”.

Par cette exposition, l’IFA salue le talent de Mohammed Irfani ; son regard sur une actualité qui nous concerne tous ici ; sa capacité à éveiller nos esprits et à rendre compte d’un monde dont nous faisons partie.